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Ceux qui ne sont pas en couple,
…et voudraient éventuellement l’être.

Le couple concerne aussi ceux qui ne vivent pas eux-même en couple. Pour simplifier, nous les appellerons célibataires.  Certains ont choisi ce mode de vie, pour diverses raisons et s’en portent bien ; d’autres ne l’ont pas choisi mais se sont adaptés et ne cherchent pas vraiment à en sortir. Ce qui suit ne s’adresse pas à ceux-là.

Par contre, nombreux sont ceux qui ne vivent pas, ou ne vivent plus, en couple et voudraient bien vivre ou revivre cette expérience. Mais ils sont souvent désemparés, ont peur de ne pas y parvenir. Ils cherchent ou croient chercher, comme ils peuvent, et arrivent parfois à se décourager, à croire que ce n’est pas possible, ou pas pour eux, influencés éventuellement pas les idées de tout genre qui circulent sur le sujet. C’est à eux que s’adressent ces prochaines lignes, afin qu’ils ne perdent pas espoir et aillent vers ce qui va les rendre heureux. Elles sont rédigées dans l’esprit de l’approche éco-systémique. Pour approfondir, il faudra donc s’y référer, et s’intéresser à la « théorie du couple ». Mais elles peuvent aussi se lire de manière autonome.

Il n’y a pas de méthode infaillible pour trouver le compagnon ou la compagne qui vous rendra heureux. Mais il y a des méthodes pour rendre une telle rencontre probable. La chance n’aura ainsi qu’un petit effort à faire. Nous proposons diverses étapes de réflexion et action qui permettent d’arriver à ses fins, à condition de les adapter à sa propre personne. Mais attention! Il ne s'agit pas d'une méthode pour être amoureux - c'est sans doute impossible - mais pour faire des rencontres qui pourront, peut être, conduire à vivre une relation amoureuse, et éventuellement déboucher sur une vie de couple satisfaisante.

 L'amour ne vient pas sur commande, mais il ne vient pas non plus si l'on n'a pas préparé le terrain pour l'accueillir.

1°) Pourquoi vouloir être en couple ?

C’est la première question qu’il faut se poser. Qu’est-ce qui fait que l’on a tant envie de se retrouver avec un conjoint? Prendre le temps d’être au clair avec son désir, ce qu’on en attend, les raisons diverses - bonnes ou moins bonnes - qui vous poussent vers la recherche d’une vie de couple, est indispensable. On risque sinon de se fourvoyer dans sa recherche et de ne pas trouver ou - pire - de mal trouver, d’être déçu, de souffrir, et de s’enfoncer dans son problème.
En se référant au modèle éco-systémique, on trouvera divers niveaux de motivation pour être en couple :

  • Liées à notre espèce humaine : nous sommes des mammifères et cherchons des partenaires de l’autre sexe pour nous reproduire

  • Sociales : nous sommes dans une société qui valorise le couple et fait reposer sur lui sa stabilité, son développement, sa pérennité.

  • Familiales et relationnelles : nous sommes influencés par notre environnement proche et avons plus ou moins consciemment envie et besoin d’être conforme à ce que nos proches attendent de nous

  • Personnelles : nous avons des motivations qui n’appartiennent qu’à nous et sont différentes des précédentes, voire contradictoires. Elles sont liées à notre histoire, à nos choix, nos convictions.

Toutes ces motivations sont importantes et il convient de les examiner sans détour. Aucune n’est meilleure que l’autre, aucune n’est inavouable, aucune n'est indigne d’intérêt, mais il faut bien s’assurer que l’on accepte cette motivation et qu’on la place au bon endroit. Il n'est pas gênant, en soi, d'être influencé par son environnement. C'est même très naturel. Mais il est bon de le savoir et d'accepter cette influence, ou de la refuser, ou de la modifier. Par exemple, le désir d’avoir une descendance est tout à fait légitime. Chez les femmes qui n’en ont pas, cela entraine une forte motivation pour trouver un partenaire, lorsque l’âge avance. C’est aussi vrai pour les hommes mais de façon différente. Mais cette motivation biologique et psychologique est relayée par la forte pression de conformité sociale et environnementale qui voudrait qu’une femme soit mère et le lui rappelle souvent à l’arrivée de la quarantaine. Dans ce cas, il est important de se demander à quelle motivation on répond et si on la fait sienne. Si l’on cherche un conjoint surtout pour ne plus entendre (par exemple de la part des parents ) « alors, quand est-ce que tu nous fais un bébé ? » cela risque fort de ne pas aboutir, ou aboutir à un couple peu épanouissant. Par contre si c’est dans le désir profond d’être mère et de fonder une famille, ce désir mérite d’être écouté et suivi.

La connaissance de ses motivations va permettre de mieux se préparer aux rencontres qui vont se présenter et d’éviter les fausses pistes ou les déceptions à répétition.


2°) Envisager les autres possibilités.

Vivre en couple n’est pas le seul moyen de s’épanouir dans la vie et d’être heureux. Examiner sereinement les autres possibilités est aussi un moyen d’affiner ses motivations. Il faut le faire, là encore avec sérénité et sans superstition. Au contraire, savoir que l’on pourrait aussi être heureux sans vivre en couple est un bon moyen de faire baisser la pression et donc d’être plus détendu et disponible pour les rencontres qui se présentent. Si l’on est prêt à vivre autrement qu’en couple, on est aussi plus attirant pour les éventuels partenaires. Celle ou celui qui montre trop qu’il cherche un couple à tout prix peut susciter l’inquiétude. Les éventuels partenaires peuvent penser « c’est un partenaire qu’il cherche, ce pourrait être quasiment n’importe qui ; s’il me sollicite, c’est par nécessité, non parce que c’est moi ». 
Laissez-vous donc imaginer les autres possibilités de vie, en refusant dès le début que ce soit des pis-aller mais de vraies alternatives, mêmes si elles ne sont que des « plans B ».

Il y a d’ailleurs de nombreuses alternatives. On n’a pas comme seul choix d’être soit un couple classique à temps plein, soit un célibataire endurci. D’autres voies sont possibles, elles ne sont pas standards et parfois en marge de la morale classique mais il est important de les examiner, quitte à décider qu’on ne les prendra pas. Le couple non cohabitant en est un exemple. La plupart des couples se définissant comme tels partagent leur logement quotidien, autrement dit vivent ensemble. Or, lorsqu’on se rencontre, cette éventualité peut poser problème. Il est possible que les domiciles soient éloignés et que le changement soit impossible pour des raisons professionnelles : chacun a un métier qu’il n'est pas possible de transférer dans l’immédiat. Il peut y avoir aussi des raisons familiales rendant le rapprochement géographique difficile. Est-ce pour autant que le couple est impossible? Non, et l’organisation d’une vie avec deux domiciles peut être pleine de charme.

Le célibat n’est pas nécessairement ascèse et chasteté. Il représente une immense liberté ouvrant sur des relations amoureuses et sexuelles diverses, non nécessairement longues mais qui peuvent être tout de même intenses. Il peut être judicieux d’imaginer ce que peut être cette vie. C’est particulièrement vrai pour ceux qui se retrouvent seuls après une première vie de couple, en particulier si des enfants sont nés de cette union.

Je vais peut être paraître immoral en abordant les relations dites « adultères » mais qu’importe, la psychologie n’est pas la morale. Il existe des relations amoureuses fortes qui ne pourront pas devenir des couples « officiels » parce que l’un deux, ou l’autre, est marié. C’était fréquent autrefois, et il y a un exemple célèbre plus récent : celui du défunt président de la République François Mitterand et d'Anne Pingeot. L'histoire de Gilbert et Francine est de cet ordre. Deux autres exemples, fictifs bien sûr,  correspondent à des personnes réelles que j’ai rencontrées :

Amaury est issu d’une famille aisée et traditionnelle. Il a épousé Bénédicte, du même milieu et en outre héritière d’une entreprise dont son mari est devenu directeur. Le couple n’a plus de vie intime et n’en a d’ailleurs jamais eu beaucoup. Mais ils vivent en bonne intelligence avec leurs 4 enfants. Il rencontre Mathilde, célibataire aventurière qui s’éprend de lui. Après avoir roulé sa bosse dans le monde, avec divers hommes, elle cherchait une vie amoureuse plus stable ; Amaury est exactement l’homme qu’elle souhaitait rencontrer. Dès le début, il l’avertit : elle lui plait beaucoup mais il ne divorcera pas, pour diverses raisons qu’il a l’honnêteté de lui dire. Elle comprend et accepte une relation d’amants sans cohabitation et sans position officielle. Amaury peut suffisamment jouer sur son emploi du temps pour qu’ils se voient fréquemment et dans des conditions très agréables ; il l’invite dans des grands restaurants et l’emmène dans des endroits de rêve car, en plus d’être riche, il est aussi raffiné, galant, subtil. Pas de risque d’être surpris, ils sont prudents et Bénédicte fait en sorte de ne rien savoir. Si la famille apprenait que son mari avait une liaison, tout l’équilibre volerait en éclat. Finalement, Mathilde trouve sa situation agréable puisqu’elle garde sa liberté chérie dont elle profite pour avoir un vie active, où il lui est même possible de faire des rencontres furtives.

Estelle est mariée à Gilles. Ils sont d’une origine très modeste mais ont très bien réussi dans la vie grâce à leur courage. Ils ont pu dépasser un coup dur : leur deuxième enfant souffre d’un handicap de naissance et demande beaucoup d’attention. Au fil des ans le coup de foudre qui les a unis s’est émoussé et ils continuent leur vie commune autour de leurs enfants et de leurs métiers. Ils ont toujours une vie sexuelle, mais Estelle a l’impression de faire un devoir conjugal, plus par estime et amitié pour son mari que par désir. Pierre est nettement plus âgé qu’elle lorsqu’il la rencontre ; il est émerveillé ; il cherchait une compagne pour vivre ensemble, après un divorce difficile. Mais il accepte cette femme à temps partiel qui dit qu’il l’a révélée sexuellement. Ils passent peu de temps ensemble mais ce sont des moments intenses, et parfois torrides.


3°) Imaginer le futur couple  

Après avoir accepté la possibilité de plans « B » occupons-nous du plan « A » : vivre en couple heureux. Le premier temps de réflexion est ici encore, imaginaire. Que sera la vie de couple lorsqu’on l’aura réalisée? Que va-t-on vivre avec son futur conjoint? Qu’est-ce qu’on aura de plus? Il y a diverses manières de procéder à cette anticipation imaginaire, selon sa personnalité, par exemple

  • Imaginer que l’on raconte, dans quelques temps, à un(e) vieil(le) ami(e) ce que l’on vit
  • Ecrire sa vie amoureuse future dans un journal (si l’on est diariste)
  • Répondre à une interview fictive. 
  • Faire sa biographie, plus tard, sur la fin de ses jours.
  • Imaginer faire un film, ou regarder un film racontant une histoire proche.
  • Ou autre construction imaginaire.

Il ne faut pas hésiter à laisser courir librement l’imagination dans tous les domaines, sans en privilégier, sans en oublier. Imaginer le futur ne signifie pas le programmer, mais s'autoriser à penser que l'on peut réussir. La réalité ne sera pas exactement la même chose que ce que l'on espère, mais si on ne sait pas ce que l'on souhaite, on est sûr de ne pas le trouver. Nous donnons une liste qui n'est pas limitative ; elle correspond à la définition éco-systémique du couple donnée dans la théorie du couple. On peut imaginer beaucoup d’autres pistes et aucune de celles qui suivent n’est obligatoire. Chacun se laissera aller à ce qui lui plaît.

  • Amoureux : J’aimerai et me sentirai aimé(e) ; nous vivrons ces moments merveilleux où l’on est simplement heureux parce que l’autre existe, est là tout près, ou est séparés, chacun pensant à l'autre. J’aimerai lui acheter des fleurs ou des cadeaux et en recevoir de lui/elle.

  • Ludique et culturel : nous ferons des choses ensemble et ce sera mieux que tout seul. Nous partagerons le plaisir de sortir ensemble, de faire des activités, du sport, de la cuisine, de la musique, du bricolage,… nous regarderons ensemble la télévision ou deviserons du dernier film que nous avons vu, de la bande dessinée, ou de roman d’aventure, de « Cinquante nuances de Grey » ou de « la République » de Platon que nous avons lu tous les deux. Nous ferons des voyages ensemble, partagerons nos passions (pas toutes)

  • Solidaire. Je ne me sentirai pas seul, j’aurai quelqu’un avec qui discuter, avec qui prendre des décisions. En cas de coup dur, nous serons deux. Je serai aussi heureux d’être là pour lui/elle.

  • Quotidien : il y aura quelqu’un chez moi quand je rentre ; nous meublerons notre chez-nous, nous ferons ensemble la cuisine, nous achèterons ensemble les vêtements, et autres choses.

  • Matériel (à ne pas négliger) Nous serons deux pour faire bouillir la marmite. Nous aurons un plus grand potentiel (le pouvoir d’achat disent les politiques). Nous pourrons acheter un appartement ou faire construire une maison.

  • Social : je le/la présenterai à mes amis. Nous pourrons sortir en couple et je ne serai plus le solitaire de la bande. Mes parents seront contents (ou au contraire, ça leur montrera que je suis autonome). Je serai fier de me promener à son bras, de rencontrer des collègues ou amis. Je serai content d’être considéré comme vivant en couple.

  • Esthétique : Je serai heureux de le/la regarder, profiter de son charme. Il/elle me plaira et je sentirai battre mon coeur lorsque je le reverrai après un temps de séparation.

  • Sexuel (c’est le cas, en général) : nous ferons l’amour souvent, différemment. Ce sera un grand plaisir, un épanouissement et la fin de la frustration.

  • Familial (peut-être mais pas forcément). Nous aurons des enfants, nous fonderons une famille, nous connaîtrons la joie de la vie familiale. Nous les élèverons, sortirons avec eux, en feront des femmes et des hommes dignes. Nous aurons plus tard  des petits enfants et pourrons vieillir ensemble entourés de notre descendance.

  • Identitaire : J’aurai réussi ma vie amoureuse ; j’aurai le sentiment d’y être arrivé, d’en avoir été capable. Je serai fier de cette réalisation qui pour moi est une nécessité pour une vie réussie.

  • Moral. Je me conduirai mieux dans la vie (je boirai moins, je ne fumerai plus, je ne conduirai plus comme un fou, je ne craquerai plus des fortunes dans des vêtements, je mettrai fin à cette vie de patachon qui me lasse)

  • ...

 


4°) Se poser une question : Qu’est-ce qui fait qu’on n’est pas en couple ?

4-1) Toujours été célibataire

On a toujours vécu seul, sans lien durable, sans le chercher d’ailleurs. Et puis, un jour, on a envie de vivre en couple. Il est important de se poser les questions qui précèdent sur les raisons qui sont à l’origine de ce désir ; sinon, on risque de céder à la pression de conformité ambiante et de se lancer dans une aventure que l’on n’a pas vraiment envie de vivre. La vie en couple va, bien sûr, impliquer que l’on renonce à celle de célibataire. Or celle-ci a du bon. Il est donc important d’accepter d’en perdre les avantages. Un temps de réflexion est utile là dessus. Il évitera les déconvenues plus tard. Vivre en couple, ce n’est pas vivre en célibataire et bénéficier, en plus, d’une compagne ou d’un compagnon à temps plein. Certains renoncements seront évidents, et communs à tous les types de couples. Par exemple, on ne peut pas décider tout d’un coup que l’on ne rentre pas chez soi ou que, au contraire on veut inviter une bande de copains, sans avoir demandé à l’autre son approbation. Mais il y a aussi des attentes plus spécifiques. Il est important de savoir précisément ce à quoi on ne voudra pas renoncer. Ainsi on saura que certaines personnes ne peuvent pas convenir. Celle ou celui qui a pris des habitudes de célibataire peut, évidemment, les perdre, à condition d’en être conscient et de l’accepter. Si certains renoncements sont insupportables il faut travailler sérieusement pour pouvoir les accepter.

Adrien est un  très bel homme de 32 ans. Il a une excellente situation professionnelle. Il a largement profité de son célibat et des nombreux atouts de séduction dont il est doté pour avoir des relations féminines nombreuses, courtes, et de qualité. Puis l’envie lui est venue de vivre en couple, mais il s’est aperçu que les femmes qu’il rencontre et qui pourraient faire l’affaire ont une exigence : elle veulent l’exclusivité. Il le comprend, mais cette prise de conscience est terrible pour lui. Il vit ce renoncement comme celui d’un moine qui rentre dans un couvent. Il se sent émasculé par cet engagement, même s’il a le souhait sincère de vivre un couple monogame sur le principe. Il est pris dans une situation dite de double contrainte, ou d'alternative impossible. Il ne peut renoncer ni à sa liberté, ni à son désir de fonder un couple et une famille. Nous avons dû travailler un certain temps pour qu’il arrive à trouver comment sortir de ce difficile dilemme.

Il peut être aussi utile de regarder comment fonctionnent les couples autour de soi, ou dont on entend parler, que l'on voit au cinéma. Cela permet de se donner des idées sur ce qui va changer par rapport à la position de célibataire et risque de poser problème. Il convient pour cela d'avoir le regard de l'ethnologue, c'est à dire neutre. Il ne s'agit pas de chercher chez les autres couples comment il faut faire, mais comment ils font. D'une part, cela donne des idées sur ce qu'on peut envisager de vivre, et ce qu'on ne veut surtout pas vivre. D'autre part, cela permettra d'anticiper diverses situations futures et de ne pas être trop surpris lorsqu'elles arriveront.

 4-2 Après la fin du précédent couple

C’est fréquent et différent de la situation de célibat décrite ci-dessus. Pour ceux qui ont déja vécu une vie conjugale, la (ou les) vie(s) de couple précédentes  ont eu un impact sur leur personne, et laissé des traces, qui peuvent être positives ou négatives. Il se peut que, d'un couple précédent, soit nés des enfants, ce qui est une donnée extrêmement importante, pas forcément négative. Ces traces existent, on ne peut pas les nier et il est impossible d’aborder la future vie de couple comme si c’était la première, comme si l’on avait toujours été célibataire, de même qu’il est impossible de vouloir nier le passé conjugal du futur conjoint. Il convient d’être au clair avec cela et de s’assurer que la précédente relation conjugale est proprement terminée. J’emploie à dessein le terme de propre.  Il faut que cette ancienne relation n’ait pas un impact sur la nouvelle qui pourrait lui nuire, qu’elle appartienne vraiment au passé. Le passé ne s’oublie pas, il restera toujours dans la mémoire, mais s’il est proprement installé dans cette mémoire, il ne perturbera pas le présent et pourra même lui être utile. Dans l’histoire des peuples, il en est de même. L’ancienne guerre de 14-18 fait partie de notre histoire et nous ne pouvons, ni ne devons l’oublier, mais elle ne gêne pas nos rapports actuels avec les Allemands, au contraire. 
Le postulant à un deuxième ou nème couple va devoir se garder des deux excès :

  • Oublier les traces du passé et se considérer comme « vierge » de toute expérience conjugale
  • Traîner ce passé comme un boulet ou chercher à réparer ce qui n’a pas été possible

Non, un nouveau couple est une nouvelle expérience, différente de la précédente, dont elle peut tirer profit. Les secondes unions sont plus solides que les premières. 
Et s’il y a des enfants? nous consacrerons une place particulière à cette configuration. Disons simplement que c’est un homme ou une femme qui cherchent un conjoint, pas des enfants. Ceux-ci seront confrontés au nouveau conjoint de leur père ou mère, mais il ne sont pas demandeurs, sauf exception, et n’auront pas un nouveau parent.

 


5°) Y a-t-il des des raisons liées à la personne.

L’état de célibataire en recherche de couple peut avoir aussi des raisons liées à la personne, qui semblent rendre impossible la satisfaction de son aspiration. Dans ce cas, les tentatives échouent - ou ne commencent pas - et la personne peut se dire qu’elle n’est pas faite pour la vie de couple. Or si c’est son désir, cela causera une grande souffrance. La recherche de telles causes peut nécessiter de l’aide, en particulier celle d’un « psy ».

5-1) L’expérience de l’enfance.

On y pense tout de suite. Pour certaines approches « psy » c’est même la voie royale : les difficultés de l’adulte viennent de l’enfance et en particulier de l’éducation. Une telle posture me semble excessive ; mais il est vrai que notre enfance, notre éducation, les modèles que nous avons eus, nous influencent beaucoup, en particulier en matière de couple. Il est vrai aussi qu’on peut prendre de la distance avec ces influences et qu’il est bon de les connaître. Le couple de nos parents nous a beaucoup influencé, ainsi que les autres couples, et la façon dont nous a été présentée la vie de couple. Ces influences peuvent agir dans des sens différents, qui peut être la reproduction ou au contraire le rejet absolu.

Aline est une jeune femme charmante et brillante. Elle raconte son enfance merveilleuse de fille unique entre une mère disponible et attentive et un père admiré de tous. Ses parents montrent toujours un amour indéfectible entre eux et pour elle. Ses relations personnelles échouent car elle compare malgré elle les hommes qu’elle rencontre avec son père, et cherche à vivre la relation idéale (ou plutôt idéalisée) de ses parents.

Alain a vécu son enfance sous l’influence de sa mère forte et autoritaire. Il méprise son père falot, qui a subi son épouse jusqu’à ce qu’elle le mette dehors. Ce père est un anti-modèle et il s’efforce de ne pas lui ressembler. Il est entreprenant avec les femmes et ne s’en laisse pas compter, au point d’être parfois « macho ». Mais comme il est attiré par les femmes à forte personnalité comme sa mère, il n’arrive pas à vivre une expérience durable.

On peut citer d’autres histoires du même type ou l’influence - positive ou négative - des parents plombe les enfants. Comment en sortir? En regardant avec recul et lucidité ces influences, en laissant de côté les sentiments tels que l’idéalisation ou la rancœur. C’est la démarche d’autonomisation.  Elle repose sur le principe « eux, c’était eux, moi, c’est moi ». L’autonomisation n’est absolument pas le rejet, mais l’affirmation que notre vie n’est pas faite que de l’influence des autres. Il est possible de passer en revue les différentes composantes de l’influence parentale et de trier ce qu’on garde et ce qu’on ne garde pas. Mais il faut bien distinguer cela des personnes elles-mêmes. Il est tout à fait possible de rejeter sans complaisance une partie de l’influence parentale et de garder d’excellents rapports avec ses parents. Dans l’autre sens on peut avoir peu, voire pas du tout, de rapports avec ses parents et accepter qu’ils vous aient influencé sur certains points que l’on conserve.

5-2) Les représentations du couple et les stéréotypes.

Les représentations que nous avons du monde sont fondamentales dans notre vie psychique. Nous allons chercher notre bonheur en fonction de ces représentations. Elles sont nécessaires et parfois encombrantes. Dans l’approche éco-systémique et la théorie du couple, nous les étudions et les classifions en plusieurs catégories. Disons simplement ici qu’il est important d’en faire le tri, comme pour les influences des modèles parentaux. Certaines représentations sociales dominantes peuvent amener à rechercher ce qui est difficile voire impossible. C’est le cas de certains stéréotypes comme l’idée que toute relation doit commencer par un coup de foudre. Les médias, les conversations entre amis, les revues et même les « spécialistes » véhiculent des stéréotypes sur le couple et l’amour qui prétendent être universels. Pour se convaincre de la vanité de telles ambitions, il suffit de regarder l’Histoire ou les autres cultures que la nôtre : les variations sont immenses d’une époque à l’autre ou d’un endroit à l’autre (ou d’un milieu social à l’autre - voir à ce sujet « le couple à travers les disciplines »)  

S’interroger sur ces représentations est nécessaire, surtout pour celle ou celui qui cherche à constituer un couple et qui a peur de ne pas trouver. En effet les personnes dans ce cas ont de fortes chances de ne pas être « standard » et donc de ne pas répondre aux stéréotypes dominants. Cela ne veut pas dire qu’elles ne trouveront pas, mais qu’elles n’ont pas intérêt à chercher dans le « prêt à porter » . Au contraire, personnes plutôt rares, elles trouveront aussi des individus rares en les cherchant en dehors des sentiers battus.

5-3) Les attentes excessives ou mal ciblées

Ce qui précède amène certaines personnes à courir après le Graal du bonheur conjugal, de manière complètement irréaliste. Elles affirment parfois comme une fierté de ne pas vouloir se contenter de peu et rechercher exclusivement l’amour avec un grand A. C’est une erreur, car les amours les meilleurs ne sont pas les plus spectaculaires. Nombreux sont les couples qui ont commencé très modestement et pour des raisons pas très romantiques, et qui ont duré en se renforçant avec le temps.

Je pense à ce couple constitué il y a bien longtemps. Il était jeune artisan d’un milieu modeste et avait absolument besoin d’une compagne. Elle avait besoin de fuir sa famille toxique et était prête à partir avec n’importe qui. Ils se sont unis pour résoudre ensemble leurs deux problématiques. Ils ont travaillé dur pour construire ensemble un bonheur simple. Le jour de leurs cinquante ans de mariage, ils étaient touchants tous les deux, entourés de leurs quatre enfants, leurs nombreux petits enfants et déjà des arrière-petits enfants. Il se tenaient par la main et échangeaient des regards pleins de tendresse et d’amour. Ils n’avaient pas vécu de coup de foudre mais un long et lent attachement qui les rendait profondément heureux.

François Régis est tout le contraire. Il s’est marié très jeune avec une camarade de classe. Perturbé par le divorce de ses parents, il se jurait de rester fidèle et de n’avoir qu’une femme dans sa vie. Malheureusement, celle à qui il consacrait sa vie n’était pas très satisfaite et rencontra un autre homme. Blessé par cette trahison, François Régis a voulu divorcer très rapidement, malgré la présence de ses trois enfants. Il cherche depuis une autre compagne. Très bel homme, exerçant une profession brillante et lucrative, il peut penser trouver rapidement. Hélas, il cherche à reconstituer ce qu’il avait imaginé. Attiré par les très belles femmes, minimum bac + 5, il restreint son champ de recherche et trouve des personnes ayant comme lui une situation compliquée. Si tout ne colle pas dès le début pour revivre une vie de couple comme la précédente, il ne poursuit pas. Il va ainsi de conquête en déception, pris dans le piège de sa recherche d’idéal.

Yannick, dont nous racontons l'histoire, est dans un cas semblable.

 


6°) Oui, on peut chercher et trouver

Après ce tour d’horizon des diverses réflexions à faire, et des pièges dans lesquels il ne faut pas tomber, commençons le plus intéressant, à savoir la recherche de la compagne ou du compagnon avec qui il sera possible de vivre agréablement en couple. Il s’agit maintenant, non plus de se poser la question «  pourquoi on n’a pas de partenaire ? », mais d’en chercher un. Nous allons développer une stratégie de recherche de partenaire, qui ressemble à une « chasse de tête » pour le recrutement, et va utiliser toutes les ressources que l’on peut trouver autour de soi (sources éco-systémiques dans notre langage).

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