2°) Envisager les autres possibilités.

Vivre en couple n’est pas le seul moyen de s’épanouir dans la vie et d’être heureux. Examiner sereinement les autres possibilités est aussi un moyen d’affiner ses motivations. Il faut le faire, là encore avec sérénité et sans superstition. Au contraire, savoir que l’on pourrait aussi être heureux sans vivre en couple est un bon moyen de faire baisser la pression et donc d’être plus détendu et disponible pour les rencontres qui se présentent. Si l’on est prêt à vivre autrement qu’en couple, on est aussi plus attirant pour les éventuels partenaires. Celle ou celui qui montre trop qu’il cherche un couple à tout prix peut susciter l’inquiétude. Les éventuels partenaires peuvent penser « c’est un partenaire qu’il cherche, ce pourrait être quasiment n’importe qui ; s’il me sollicite, c’est par nécessité, non parce que c’est moi ». 
Laissez-vous donc imaginer les autres possibilités de vie, en refusant dès le début que ce soit des pis-aller mais de vraies alternatives, mêmes si elles ne sont que des « plans B ».

Il y a d’ailleurs de nombreuses alternatives. On n’a pas comme seul choix d’être soit un couple classique à temps plein, soit un célibataire endurci. D’autres voies sont possibles, elles ne sont pas standards et parfois en marge de la morale classique mais il est important de les examiner, quitte à décider qu’on ne les prendra pas. Le couple non cohabitant en est un exemple. La plupart des couples se définissant comme tels partagent leur logement quotidien, autrement dit vivent ensemble. Or, lorsqu’on se rencontre, cette éventualité peut poser problème. Il est possible que les domiciles soient éloignés et que le changement soit impossible pour des raisons professionnelles : chacun a un métier qu’il n'est pas possible de transférer dans l’immédiat. Il peut y avoir aussi des raisons familiales rendant le rapprochement géographique difficile. Est-ce pour autant que le couple est impossible? Non, et l’organisation d’une vie avec deux domiciles peut être pleine de charme.

Le célibat n’est pas nécessairement ascèse et chasteté. Il représente une immense liberté ouvrant sur des relations amoureuses et sexuelles diverses, non nécessairement longues mais qui peuvent être tout de même intenses. Il peut être judicieux d’imaginer ce que peut être cette vie. C’est particulièrement vrai pour ceux qui se retrouvent seuls après une première vie de couple, en particulier si des enfants sont nés de cette union.

Je vais peut être paraître immoral en abordant les relations dites « adultères » mais qu’importe, la psychologie n’est pas la morale. Il existe des relations amoureuses fortes qui ne pourront pas devenir des couples « officiels » parce que l’un deux, ou l’autre, est marié. C’était fréquent autrefois, et il y a un exemple célèbre plus récent : celui du défunt président de la République François Mitterand et d'Anne Pingeot. L'histoire de Gilbert et Francine est de cet ordre. Deux autres exemples, fictifs bien sûr,  correspondent à des personnes réelles que j’ai rencontrées :

Amaury est issu d’une famille aisée et traditionnelle. Il a épousé Bénédicte, du même milieu et en outre héritière d’une entreprise dont son mari est devenu directeur. Le couple n’a plus de vie intime et n’en a d’ailleurs jamais eu beaucoup. Mais ils vivent en bonne intelligence avec leurs 4 enfants. Il rencontre Mathilde, célibataire aventurière qui s’éprend de lui. Après avoir roulé sa bosse dans le monde, avec divers hommes, elle cherchait une vie amoureuse plus stable ; Amaury est exactement l’homme qu’elle souhaitait rencontrer. Dès le début, il l’avertit : elle lui plait beaucoup mais il ne divorcera pas, pour diverses raisons qu’il a l’honnêteté de lui dire. Elle comprend et accepte une relation d’amants sans cohabitation et sans position officielle. Amaury peut suffisamment jouer sur son emploi du temps pour qu’ils se voient fréquemment et dans des conditions très agréables ; il l’invite dans des grands restaurants et l’emmène dans des endroits de rêve car, en plus d’être riche, il est aussi raffiné, galant, subtil. Pas de risque d’être surpris, ils sont prudents et Bénédicte fait en sorte de ne rien savoir. Si la famille apprenait que son mari avait une liaison, tout l’équilibre volerait en éclat. Finalement, Mathilde trouve sa situation agréable puisqu’elle garde sa liberté chérie dont elle profite pour avoir un vie active, où il lui est même possible de faire des rencontres furtives.

Estelle est mariée à Gilles. Ils sont d’une origine très modeste mais ont très bien réussi dans la vie grâce à leur courage. Ils ont pu dépasser un coup dur : leur deuxième enfant souffre d’un handicap de naissance et demande beaucoup d’attention. Au fil des ans le coup de foudre qui les a unis s’est émoussé et ils continuent leur vie commune autour de leurs enfants et de leurs métiers. Ils ont toujours une vie sexuelle, mais Estelle a l’impression de faire un devoir conjugal, plus par estime et amitié pour son mari que par désir. Pierre est nettement plus âgé qu’elle lorsqu’il la rencontre ; il est émerveillé ; il cherchait une compagne pour vivre ensemble, après un divorce difficile. Mais il accepte cette femme à temps partiel qui dit qu’il l’a révélée sexuellement. Ils passent peu de temps ensemble mais ce sont des moments intenses, et parfois torrides.