4°) Se poser une question : Qu’est-ce qui fait qu’on n’est pas en couple ?

4-1) Toujours été célibataire

On a toujours vécu seul, sans lien durable, sans le chercher d’ailleurs. Et puis, un jour, on a envie de vivre en couple. Il est important de se poser les questions qui précèdent sur les raisons qui sont à l’origine de ce désir ; sinon, on risque de céder à la pression de conformité ambiante et de se lancer dans une aventure que l’on n’a pas vraiment envie de vivre. La vie en couple va, bien sûr, impliquer que l’on renonce à celle de célibataire. Or celle-ci a du bon. Il est donc important d’accepter d’en perdre les avantages. Un temps de réflexion est utile là dessus. Il évitera les déconvenues plus tard. Vivre en couple, ce n’est pas vivre en célibataire et bénéficier, en plus, d’une compagne ou d’un compagnon à temps plein. Certains renoncements seront évidents, et communs à tous les types de couples. Par exemple, on ne peut pas décider tout d’un coup que l’on ne rentre pas chez soi ou que, au contraire on veut inviter une bande de copains, sans avoir demandé à l’autre son approbation. Mais il y a aussi des attentes plus spécifiques. Il est important de savoir précisément ce à quoi on ne voudra pas renoncer. Ainsi on saura que certaines personnes ne peuvent pas convenir. Celle ou celui qui a pris des habitudes de célibataire peut, évidemment, les perdre, à condition d’en être conscient et de l’accepter. Si certains renoncements sont insupportables il faut travailler sérieusement pour pouvoir les accepter.

Adrien est un  très bel homme de 32 ans. Il a une excellente situation professionnelle. Il a largement profité de son célibat et des nombreux atouts de séduction dont il est doté pour avoir des relations féminines nombreuses, courtes, et de qualité. Puis l’envie lui est venue de vivre en couple, mais il s’est aperçu que les femmes qu’il rencontre et qui pourraient faire l’affaire ont une exigence : elle veulent l’exclusivité. Il le comprend, mais cette prise de conscience est terrible pour lui. Il vit ce renoncement comme celui d’un moine qui rentre dans un couvent. Il se sent émasculé par cet engagement, même s’il a le souhait sincère de vivre un couple monogame sur le principe. Il est pris dans une situation dite de double contrainte, ou d'alternative impossible. Il ne peut renoncer ni à sa liberté, ni à son désir de fonder un couple et une famille. Nous avons dû travailler un certain temps pour qu’il arrive à trouver comment sortir de ce difficile dilemme.

Il peut être aussi utile de regarder comment fonctionnent les couples autour de soi, ou dont on entend parler, que l'on voit au cinéma. Cela permet de se donner des idées sur ce qui va changer par rapport à la position de célibataire et risque de poser problème. Il convient pour cela d'avoir le regard de l'ethnologue, c'est à dire neutre. Il ne s'agit pas de chercher chez les autres couples comment il faut faire, mais comment ils font. D'une part, cela donne des idées sur ce qu'on peut envisager de vivre, et ce qu'on ne veut surtout pas vivre. D'autre part, cela permettra d'anticiper diverses situations futures et de ne pas être trop surpris lorsqu'elles arriveront.

 4-2 Après la fin du précédent couple

C’est fréquent et différent de la situation de célibat décrite ci-dessus. Pour ceux qui ont déja vécu une vie conjugale, la (ou les) vie(s) de couple précédentes  ont eu un impact sur leur personne, et laissé des traces, qui peuvent être positives ou négatives. Il se peut que, d'un couple précédent, soit nés des enfants, ce qui est une donnée extrêmement importante, pas forcément négative. Ces traces existent, on ne peut pas les nier et il est impossible d’aborder la future vie de couple comme si c’était la première, comme si l’on avait toujours été célibataire, de même qu’il est impossible de vouloir nier le passé conjugal du futur conjoint. Il convient d’être au clair avec cela et de s’assurer que la précédente relation conjugale est proprement terminée. J’emploie à dessein le terme de propre.  Il faut que cette ancienne relation n’ait pas un impact sur la nouvelle qui pourrait lui nuire, qu’elle appartienne vraiment au passé. Le passé ne s’oublie pas, il restera toujours dans la mémoire, mais s’il est proprement installé dans cette mémoire, il ne perturbera pas le présent et pourra même lui être utile. Dans l’histoire des peuples, il en est de même. L’ancienne guerre de 14-18 fait partie de notre histoire et nous ne pouvons, ni ne devons l’oublier, mais elle ne gêne pas nos rapports actuels avec les Allemands, au contraire. 
Le postulant à un deuxième ou nème couple va devoir se garder des deux excès :

  • Oublier les traces du passé et se considérer comme « vierge » de toute expérience conjugale
  • Traîner ce passé comme un boulet ou chercher à réparer ce qui n’a pas été possible

Non, un nouveau couple est une nouvelle expérience, différente de la précédente, dont elle peut tirer profit. Les secondes unions sont plus solides que les premières. 
Et s’il y a des enfants? nous consacrerons une place particulière à cette configuration. Disons simplement que c’est un homme ou une femme qui cherchent un conjoint, pas des enfants. Ceux-ci seront confrontés au nouveau conjoint de leur père ou mère, mais il ne sont pas demandeurs, sauf exception, et n’auront pas un nouveau parent.