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Jocelyne et Pascal : Rapidité et couple implicite


Malgré la cinquantaine passée, Pascal garde une forme physique éblouissante. Il est vrai qu’il y prend peine avec ses nombreuses heures passées au club de gym. Ses pectoraux dépassent sous sa veste et lui donne un charme certain, malgré sa taille modeste et sa calvitie bien avancée ;  ses rares cheveux blonds et ses yeux bleus contribuent également à sa ressemblance avec un célèbre homme politique du nord. Ses affaires marchent moins bien. Il y a quelques années, comme il en avait assez de son boulot d’ingénieur, il a profité d’un licenciement pour s’adonner à ce qui le passionnait depuis longtemps : le marché de l’art. Mais après quelques succès, il s’est retrouvé au creux de la vague et, en ce moment ce n’est pas la fortune. Ce n’est pas très grave puisque, maintenant, ses enfants sont élevés et qu’il n’a que lui-même à nourrir. Depuis son divorce vingt ans auparavant, il n’a eu que des relations amoureuses passagères. Il s’est beaucoup consacré à l’éducation de ses enfants, et maintenant qu’ils ont quitté son foyer, il a envie de se retrouver une autre compagne. Il sait qu’il plait aux femmes mais il est très exigeant. Il a déjà éconduit plusieurs candidates. ?
Lorsque la conversation s’engage avec Jocelyne autour d’une œuvre  d’art, il sent que quelque chose passe entre eux. Elle accepte sans hésiter son offre d’aller boire un verre et la conversation s’engage vite avec cette agréable femme qui doit être un peu plus jeune que lui. Elle lui livre qu’elle est aussi divorcée, vivant avec sa plus jeune fille qui termine ses études et s’apprête à quitter le foyer maternel. Jocelyne est avocate dans un cabinet d’affaires. Elle gagne confortablement sa vie dans ce métier qui ne lui déplait pas mais ne la passionne pas non plus. Elle vit seule et, dit-elle, en femme libre. Mais elle n’aime pas la solitude et souhaiterait avoir un nouveau compagnon. Pascal tombe à pic dans sa vie.

La relation se noue donc très rapidement. Sans la moindre prudence malgré leur expérience de la vie, ils se jettent dans les bras l’un de l’autre. Les premières étreintes sexuelles sont fortes, ce qui accélère encore leur attirance l’un pour l’autre. Ils découvrent très vite tous les points qu’ils ont en commun ainsi que leurs complémentarités. Jocelyne est fascinée par la grande intelligence de Pascal, sa sensibilité d’artiste ainsi que son engagement dans la défense de l’art ; elle ne dédaigne pas non plus ses puissants pectoraux. Pascal aime chez elle ce mélange subtil d’une féminité marquée et de l’affirmation d’une femme moderne, bien intégrée dans la société, avec une profession assise. Il est sensible à ses formes arrondies et surtout à sa généreuse chevelure noir de jais qui tombe en volutes sur ses épaules. Elle a besoin de cette protection virile, même si elle est plus qu’autonome ; elle est enivrée par son énergie créatrice. Il peut compter doublement sur elle : matériellement elle est prête à le soutenir et, en même temps, elle est sa muse, celle qui lui donne envie de continuer son œuvre. Ils n’en doutent pas : ils sont faits l’un pour l’autre et leur rencontre est un cadeau du destin.

En quelques semaines il deviennent un couple – ils se considèrent comme tel - se présentent mutuellement à leurs amis réciproques et passent tous leurs week end ensemble. Ils se désignent l’un l’autre comme « ma compagne » et « mon compagnon ». Ils résident encore chacun chez soi la semaine mais auraient déjà fait domicile commun si les conditions matérielles le permettaient. Jocelyne n’habite pas la petite ville où ils se sont rencontrés, celle de la galerie de Pascal, et son travail l’empêche de déménager tout de suite de la métropole régionale. Heureusement, pourrait-t-on dire, car elle conserve un champ de liberté, pendant un temps qu’elle souhaite court. Elle en profite pour aller voir son vieil ami Fred, pour lui parler de la bonne nouvelle qui lui arrive.

Fred et Jocelyne ont été amants il y a bien longtemps. C’était une consolation pour Jocelyne après l’échec de son premier mariage. Puis cette relation s’est muée en amitié profonde. Mais Fred, qui aime bien les femmes et trouve son amie toujours charmante, ne craint pas de la flatter avec une pointe de taquinerie. Il l’appelle « ma chérie » et ne manque pas de lui rappeler les moments tendres qu’ils ont vécus. Ils s’appellent souvent pour se raconter leur vie, s’envoient des SMS en toute circonstance, même au milieu de la nuit. Lorsqu’elle a l’occasion d’aller à Paris, elle ne manque pas de le lui dire et ils en profitent pour déjeuner ensemble. Ils apprécient cette complicité affectueuse, mais ni lui ni elle ne songent à revenir à leur relation antérieure. Fred continue sa vie de célibataire peuplée de rencontres féminines et Jocelyne se tourne vers son nouvel amour sérieux. Lorsqu’elle lui en parle, il se réjouit pour elle et ajoute « j’espère qu’il n’est pas jaloux et acceptera notre amitié sans en prendre ombrage ». Puis il la prend dans ses bras et ils s’embrassent sur la bouche. Ils sentent l’un et l’autre que leurs corps sont prêts à une plus forte étreinte, mais ils n’y répondent pas. Jocelyne se considère en couple avec Pascal et Fred ne veut pas perturber son amie. Ils décident qu’à l’avenir, ils se contenteront de bises sur les joues.

Jocelyne ne doute pas de la tolérance de son nouveau conjoint, aussi est-ce sans gêne qu’elle lui parle, alors qu’ils sont en train de se promener, de son ami Fred, qui a beaucoup d’importance pour elle. Sans doute l’a-t-elle dit avec de l’affection dans la voix, accompagnée de ce beau sourire qui ravit Pascal. Toujours est-il que celui-ci réagit sèchement, changeant curieusement de visage. « Qui est ce type ? Comment l’as-tu connu ? » Déstabilisée par cette question brutale, Jocelyne bredouille une réponse approximative. « On se connaît depuis longtemps, on s’est rencontrés sur le plan professionnel. Il est expert et nous avons eu à travailler ensemble, puis nous avons sympathisé ».

Pascal se radoucit et l’invite à parler de cette amitié qui semble avoir tant d’importance pour sa compagne. Ils sont un couple et il est évident pour eux qu’ils se disent tout et n’ont rien à se cacher. Ils se doivent la vérité l’un à l’autre, toute la vérité, ils n’en doutent pas. Hélas, ils n’ont pas la même notion de la vérité. Ainsi le dialogue qui s’engage est-il, dès le début, faussé. Lui cherche une vérité crue, factuelle. Elle dira ce qu’elle estime devoir dire et n’exprimera pas ce qu’elle pense inutile, voire nuisible à leur relation. Mais elle est incapable de tenir cette position et d’affirmer qu’elle n’a pas envie de parler plus – pour le moment – de sa relation avec Fred. Elle est influençable et va se laisser entraîner sur un terrain qui n’est pas le sien.

Pascal continue son interview. Son charme, sa capacité d’écoute et la réaffirmation du principe « on se dit tout » encouragent Jocelyne à dévoiler la relation avec Fred, les sentiments qu’elle éprouve pour lui. Elle sent pourtant qu’elle devra mettre une limite, qu’il n’est pas encore temps de tout dire. Mais elle ne peut résister à l’insistance à la fois douce et incisive de Pascal. Elle détaille peu à peu l’intimité entre son ami et elle, en essayant pourtant de cacher certains aspects. Mais elle a en face d’elle un partenaire décidé et efficace dans son questionnement. Ce n’est plus seulement l’artiste sensible, mais aussi l’ingénieur, précis et réfléchi, qui mène ce qui devient un véritable interrogatoire. Il est très intelligent et il a vécu. Il sait, aux dires de ce que lui dit sa compagne, qu’il y a entre elle et Fred plus qu’une simple camaraderie. Aussi va-t-il habilement l’amener à dire ce qu’elle ne veut pas dire. Et comme elle cache mal, la suspicion ne fait qu’augmenter.
- Est-ce que vous avez couché ensemble ?
- (après un court temps d'hésitation et de gêne) Oui, il y a très longtemps.
- Combien de temps ?
- Je ne sais plus. Et puis quelle importance ? Tu sais, après mon divorce, j’étais paumée, j’avais besoin de réconfort. J’avais aussi besoin de vivre ma liberté. Mais ça n’est pas allé plus loin.
- Tu n’as pas répondu à ma question.
- Pour moi, ça n’a pas d’importance. Je te dis simplement que c’est fini depuis longtemps.
- Pourquoi ne veux-tu pas me dire la vérité ? Moi, je ne te cache rien. J’ai besoin d’avoir confiance en toi, et si tu me mens, je n’ai plus confiance. Il faut me dire la vérité. Quand tu sera décidée, appelle moi pour me dire la vérité.
Il s’éloigne d’elle et part sans se retourner. Elle est toute dépitée, mais peu de temps après, elle reçoit un SMS de Pascal : « je suis désolé, je t’ai brutalisée. Je ne voulais pas te faire du mal, mais la vérité, c’est très important pour moi. » Elle répond « ce n’est pas grave, je comprends, on en reparlera. A bientôt ».


Lorsqu’ils se revoient, ils n’abordent pas la question tout de suite, prennent le temps de se retrouver et de profiter de tout ce qu’ils ont en commun. Puis il revient à la charge :
- Tu sais, pour moi, la vérité c’est essentiel. Si tu me mens, je n’aurai plus confiance et je ne peux pas vivre avec quelqu’un en qui je n’ai plus confiance.
 - Moi aussi, j’ai besoin de vérité. Avec Fred, nous sommes restés amants trois mois, et puis je lui ai dit que je préférais rester simplement amis, il a accepté.
- Parce que lui, il aurait bien voulu continuer.
- Oui, sans doute, mais il n’en a jamais reparlé.
- Ca ne te gêne pas de rester ami avec un de tes ex.
Ce n’est pas un ex, comme tu dis, c’est un ami qui m’est cher. Pour moi, le fait que nous ayons été amants un temps n’a pas d’importance. D’ailleurs, j’aurais mieux fait de ne pas t’en parler.
- Ah bon ! Tu penses qu’il vaut mieux me cacher qu’il y a un de tes ex, que tu vois encore, et qui veut coucher avec toi ? Qu’est-ce que ça veut dire pour toi, la vérité, la sincérité ? (il est sec, tendu)
- Maintenant, je suis avec toi, c’est avec toi que je veux construire ma vie. Fred est tout simplement un ami, je te l’ai dit, ne reviens pas dessus.

Cette fois, c’est elle qui met fin à la conversation et qui s’éloigne, en colère. Il se rapproche, à nouveau calme. La réconciliation est rapide ; ce serait dommage de se brouiller pour si peu, alors qu’ils ont un bel avenir à vivre ensemble. Ils se retrouvent donc chez Pascal, pour vivre un moment tendre. Malheureusement, un signal retentit sur le téléphone portable de Jocelyne. Elle regarde machinalement puis remet l’appareil dans sa poche ; elle dissimule mal sa gêne.
- Tu peux répondre, si tu veux, dit Pascal d’un air détaché.
- C’est sans importance ; le boulot.

Puis elle reprend la conversation, mais son attitude n’est pas convaincante, surtout quand elle s’éclipse peu après pour aller aux toilettes. Elle a manifestement quelque chose à « cacher ». Lorsqu’elle revient, elle voit Pascal abattu, différent de l’homme sûr de lui qu’il est d’habitude ; il ne manifeste aucune colère.
- Pourquoi me mens-tu ? A quoi ça sert ? Tu sais bien que tu peux tout me dire. Je peux tout accepter mais je veux savoir la vérité. C’est une valeur fondamentale pour moi. Et moi, je n’ai rien à te cacher.
- Oui, dit Jocelyne, c’était Fred, il voulait simplement me demander quand je viens à Paris, pour que nous déjeunions ensemble.
- Parce que tu as l’intention de continuer à le voir.
- Oui, bien sûr, en amis.
- En amis, avec un type qui a encore envie de te sauter ?
- Mais moi, je n’ai pas envie. Et qu'est-ce qui te fait dire que je veux te cacher quelque chose ?
- C’est que tu es gênée quand il t’envoie un message. La semaine dernière, quand ta copine Martine t’a envoyé un message, nous étions ensemble et tu m’as dit simplement « c’est Martine ». Alors pourquoi cette fois, tu n’as pas dit « c’est Fred » ?
- Parce que j’avais peur que tu ne comprennes pas et que ça te fasse mal.
- Ce qui me fait mal, c’est que tu me mentes. Qui est ce type pour toi ? Si tu es claire, tu n’as pas de raison de me le cacher.
Il sort son téléphone de sa poche et le lui tend :
- Tu peux le consulter si tu veux. Je n’ai rien à te cacher, moi.

De guerre lasse, elle sort son appareil et le lui donne. Il l’allume tranquillement et lit le message de Fred, très banal, mais qui se termine par « bises ma chérie ». Pascal reste très calme en regardant Jocelyne dans les yeux :
- Ton prétendu vieux copain t’appelle sa chérie !
- Mais c’est une façon de plaisanter, tu ne peux pas comprendre.
- Oh, si, je comprends trop bien. C’est d’ailleurs pour cela que tu me mens, ou essaies de me mentir. La vérité est que ce n’est pas terminé avec lui. Tu le gardes en réserve. Et lui, il n’attend qu’une chose : que ça casse entre nous pour te récupérer. Il fera tout pour, c’est pour ça qu’il t’envoie ces messages. Vous échangez souvent des mots doux ?
- Ce n’est pas des mots doux. Oui, on s’envoie de temps en temps des messages.
- Vous vous êtes revus depuis qu’on se connaît ?
- … (elle est très gênée)
- Dis-moi la vérité !
- Oui, on a déjeuné ensemble. Il passait pour affaires près de chez moi.
- Déjeuné ou couché ?
- Déjeuné et discuté. Je te l’ai dit, nous n’avons plus eu de rapport depuis très longtemps. Pourquoi tu ne me crois pas ?
- Parce que tu me mens tout le temps. Comment veux-tu que j’ai confiance.
- Si ! Je te dis tout, mais j’ai aussi besoin d’un jardin secret.
- C’est ça, un jardin secret, pour y rencontrer ton autre amant, ou tes autres amants peut-être. Je suis un parmi d’autres. Pour moi, c’est impossible, j’ai besoin de sincérité, de pureté. Je ne nage pas en eaux troubles.

Elle se met à pleurer. Il la toise d’un regard froid, puis se dirige vers la porte et l’ouvre en grand.
- Il n’est pas possible de continuer comme ça. Je ne te retiens pas.

Elle part en séchant ses larmes, erre dans les rues avant de s’arrêter dans un café et de téléphoner à Fred. Il l’écoute, la réconforte et la conseille :
- Ne t’inquiète pas, il est un peu jaloux, mais ça va lui passer. Attends un moment et recontacte le.
- Et toi ? je veux dire toi et moi ?
- C’est toujours pareil. Je tiens à toi, je veux te garder comme amie, mais je veux surtout ton bonheur. Il semble bien que ce bonheur, c’est avec Pascal.
- Merci, je vois que je peux compter sur toi.
- A bientôt, « ma chérie ». Je t’embrasse.


Pascal est seul, ne veut voir personne, rumine ce qui vient de se passer, et souffre. Il est écartelé entre l’amour réel qu’il a pour Jocelyne et cette suspicion qu’il entretient vis-à-vis d’elle, ce besoin obsessionnel de limpidité, de transparence. S’il réfléchit un peu, il se rend compte qu’il n’y a rien de grave, que la relation qu’elle entretient avec Fred n’est pas dangereuse pour lui. Il essaye de se raisonner mais la pensée qu’elle puisse lui mentir, le tromper, lui est insupportable. Elle a, c’est sûr, des choses à cacher, elle n’est pas claire. Ce n’est pas possible de continuer avec elle. Mais il se sent seul et pense à ce corps féminin qui, il y a peu, se laissait aller dans ses bras, à ce sourire amoureux, à l’agréable compagnie qui le stimule dans ses projets. Aujourd’hui, il n’arrive pas à faire quoi que ce soit. Il ne se rend pas à un rendez-vous pourtant important pour sa galerie, traîne pour l'écriture d'un courrier nécessaire à l'organisation d'un évènement artistique.

Lorsqu’il entend la voix de Jocelyne au téléphone, il ressent un agréable apaisement. Il répond aussitôt, comprenant qu’il a trop envie de la revoir. Il suffit de quelques échanges pour que tout reprenne. Elle saute dans sa voiture et se précipite  chez lui, tombe dans ses bras, sous son charme, et les retrouvailles se terminent au lit. Le weekend suivant est merveilleux, du moins au début. Elle lui redit "tu es l'homme de ma fin de vie" . Il l'appelle " ma muse" et veut l'associer à la grande manifestation artistique qu'il prépare.
- Je viens pour cela en ville mercredi. Je dors chez toi ?
- Oh non ! C'est bête, je suis en formation.
- Tu ne dors pas chez toi ?
- C'est loin et sur deux jours.
- Où ?
- A Paris.

Tout d'un coup, l'atmosphère change, le charme est rompu, les vieux démons reviennent au galop. Pascal ressent comme un coup de poignard ce qu'il considère comme une nouvelle cachoterie. Jocelyne se mord les lèvres.
- Pourquoi ne m’en as-tu pas parlé ?
- Je ne sais pas, ce n'était pas important.
- Tu vas en profiter pour voir ton mec ?
- Non ce n'est pas sûr, je n'aurai pas forcément le temps.
- Si tu l'as, tu iras le voir ?
- Je ne sais pas. Ce n'est pas sûr.
- Comment ? Tu sais bien si tu as envie de le voir ou non ?
- Un peu, si je ne suis pas fatiguée. C'est lui qui insiste.
- Bien sûr ! Il te manipule. Il essaye de te récupérer. Ce type est nuisible pour toi. Il faut t'en débarrasser. Moi, je ne peux pas accepter ta double vie.

Il s’ensuit, à nouveau, un long et douloureux affrontement. Elle essaye de s’expliquer, mais se défend mal, et il trouve toujours la faille, la poussant dans ses retranchements. Il n’a qu’un seul but : obtenir qu’elle coupe tout lien avec Fred, et qu’elle le fasse sèchement. Aussi exige-t-il qu’elle écrive, sur le champ, un mel de rupture définitive. Ce qu’elle fait, la mort dans l’âme, et sachant bien, au fond d’elle, qu’elle se débrouillera pour reprendre contact avec Fred, et lui parler, en cachette et entre amis, sachant qu’il comprendra.

Malgré cette victoire apparente, Pascal reste méfiant.  Il continue ses questionnements permanents, suspectant toute attitude un peu floue de Jocelyne. Elle jure sa sincérité tout en trichant légèrement, ce qu’elle ne considère pas comme grave. Leur relation s’emballe dans un cercle infernal, qui engendre des scènes terribles et douloureuses, puis des retrouvailles car ils éprouvent effectivement l’un pour l’autre un amour véritable. Mais les scènes sont de plus en plus dures, et les retrouvailles de moins en moins réparatrices. Pascal souffre atrocement de cette impression de duplicité qu’il détecte sans arrêt chez sa compagne. Jocelyne perd toute spontanéité, écartelée en permanence entre le désir de ne pas gêner Pascal, et celui de garder un minimum de liberté, de ce qu’elle appelle son jardin secret.

Puis, un jour, une explosion plus violente les laisse tellement démolis qu’ils ne chercheront plus à se revoir. Pascal s’enfermera dans son splendide isolement, seul donc non contrarié, mais malheureux. Jocelyne tentera de panser sa blessure affective. C’est en écoutant le récit de Martine, son amie de longue date, qu’elle comprendra ce qui s’est passé et a rendu impossible une relation avec Pascal, pourtant fondée sur un amour et une attirance bien réels.

Essayons de comprendre l’histoire de Pascal et Jocelyne, lisant la suite. Celle de Martine et Rolland  en est, en quelque sorte, l’opposée.