La thérapie  écosystémique stratégique.

Il s’agit de la méthode que je pratique, s’appuyant sur le modèle écosystémique, dont on trouvera les fondements dans le chapitre qui lui est consacré. Elle utilise la « théorie éco-systémique du couple » longuement détaillée, elle aussi dans autre chapitre. Elle s’inspire, bien sûr, d’autres méthodes que nous avons énoncées précédemment, en particulier des méthodes systémiques, avec sa spécificité propre. Commençons par raconter  comment se déroule une thérapie « standard », bien que, chaque couple ayant sa particularité, il n’existe pas vraiment de déroulement standard.

Une thérapie "type"

M. et Mme XY ont pris rendez-vous et arrivent pour la première fois au cabinet du thérapeute. Il se peut que ce soit M. Y et Mme X, car il n’est pas nécessaire que ce souple soit marié. Ce peut aussi être M. Y et M. Y’ ou Mme X et Mme X’, car les couples du même sexe consultent aussi les « psy ». Mais ces cas sont statistiquement très rares. D’après la plus récente enquête de l’INSEE, sur 100 couples, 99,4% sont constitués d’une femme et d’un homme, mariés dans 72% des cas, un peu moins de 0,3% sont constitués de deux femmes et un peu plus de 0,3 % de deux hommes. Nous prendrons donc le cas le plus général comme référence, soit celui d’un homme et une femme mariés, utilisant le nom du mari comme nom commun. Ce qui suit reste valable - pour l’essentiel - pour les autres couples.

Donc Madame et Monsieur XY, appelons les  Marie et Jean, se sont annoncés à l’interphone, ils sont accueillis à la porte d’entrée et, là, en un instant, quelque chose se passe. Le premier contact est important. Jusque là, la thérapie restait une décision abstraite d’entamer une démarche en faisant appel à un tiers, comme on va chez le médecin pour se soigner. Or, à l’instant de la rencontre, le tiers en question devient une personne en chair et en os, avec son allure, sa stature, son âge, son sourire, sa poignée de main, sa manière de saluer et d’inviter les conjoints à entrer, à poser leurs vêtements éventuels, à s’asseoir l’un à côté de l’autre, en face de lui. Ces simples échanges de politesse posent en fait le cadre de ce qui va se passer ensuite. Le thérapeute exprime, par son attitude autant que par ses paroles, qu’il sera totalement disponible pour ses clients et mettra en œuvre toute son attention et toute sa compétence pour les aider dans ce qui les préoccupe.

Vient alors la question classique : « qu’est-ce qui vous amène à venir me consulter ? » accompagné d’un sourire pour signifier : «  je sais, ce n’est pas facile d’entrer dans le vif du sujet, mais il le faut puisque vous êtes ici pour cela ». Les conjoints se regardent, échangent peut-être un timide sourire, ou sont au contraire crispés, ou différents l’un de l’autre. Ces attitudes sont toutes signifiantes de l’état d’esprit dans lequel se trouvent cet homme et cette femme venus chercher une solution à ce qui les perturbe. Le thérapeute cherche à se synchroniser avec ces étrangers venus lui livrer leur intimité. Son attitude doit refléter son attention et son respect absolu pour ce que ressentent ces personnes, sans aucun jugement. Il reste souriant ou prend une attitude plus grave. Il laisse parler ceux qui s’expriment facilement et questionne si la parole est plus difficile pour ne pas laisser s’installer un angoissant silence. Il reformule souvent les dires de chacun, indiquant par là son attention et son effort de compréhension. Il veille à équilibrer le temps de parole des deux conjoints - équilibrer ne veut pas dire autant chacun, mais pour chacun le temps qui lui est nécessaire. Il s’assure que chacun écoute l’autre, prend en compte ce que dit son conjoint, le laisse exprimer son ressenti. L’attention soutenue du thérapeute, ses reformulations et ses questions de précision favorisent l’expression de celui qui parle, mais aussi la compréhension de celui qui écoute. Les conjoints découvrent ainsi qu’ils peuvent aborder les sujets qui les opposent et les font souffrir.

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